Missions :
- détection le plus rapidement possible des effets indésirables
- mise à jour de linformation
sur les effets indésirables connus
- évaluation du bénéfice / risque de différents médicaments dans
le traitement d une affection donnée
- diffusion dinformations aux professionnels de santé dans
un souci doptimisation de la prescription médicale
Recueil
et validation des données
Premier
temps du travail en pharmacovigilance. Plusieurs méthodes sont utilisées :
Notification spontanée
Méthode
de recueil par centralisation des effets indésirables à léchelon
dune population (région ou pays). Lobservateur fait
par de son observation à une structure de surveillance (CRPV).
Outil de base en pharmacovigilance, cette méthode repose sur le
volontariat des professionnels de santé, même si en France il y
a obligation de déclaration.
Les limites sont de plusieurs ordres. La totalité de la population
exposée nest pas connue. La sous-notification de la déclaration
est importante. Elle reconnaît plusieurs causes : difficulté
de diagnostic de leffet indésirable, craintes du médecin,
manque de temps ou dintérêt
.Elle est facilité par :
mise sur le marché récent dun médicament, identification de
la manifestation facile, effet indésirable grave, relation causale
évidente, campagne dinformation.
Cette méthode permet lalerte et rend compte dau moins
90% des décisions en matière de pharmacovigilance.
Prescription Event Monitoring
Cela
correspond à lenregistrement pour tous les patients exposés
à un ou plusieurs médicaments
donnés.
Il sinitie en général à la demande des autorités sanitaires.
Cette approche, très utilisée en Grande Bretagne, peut senvisager
par exemple pour la détection deffets indésirables dun
nouveau médicament.
Base de données
Peu
développées en France, elles sont courantes en Amérique du Nord
et dans certains pays européens.
Analyse de la relation de
causalité
Imputabilité
Suite à la notification spontanée, un score est établi évaluant
la relation de causalité entre un événement indésirable et la prise
de médicament par la méthode dimputabilité. On différencie
limputabilité intrinsèque et l imputabilité extrinsèque
Imputabilité intrinsèque
Elle définit le degré de relation
de cause à effet entre la prise de médicament et un événement clinique
ou biologique chez un sujet donné, par des critères chronologiques
et sémiologiques.
Si un même sujet reçoit plusieurs médicaments, on détermine limputabilité
intrinsèque de manière indépendante pour chaque médicaments.
Les critères chronologiques précisent la survenue et lévolution
de leffet indésirable par rapport à la prise médicamenteuse.
Ceux-ci tiennent compte de ladministration du médicament dans
le temps, de son arrêt, et de sa réadministration positive éventuelle.
Lassociation de ces critères chronologiques définissent un
score chronologique C évalué « vraisemblable » (C3), « plausible »
(C2), « douteux » (C1), « paraissant exclu »
(C0).
Les critères sémiologiques reposent sur les signes cliniques et
paracliniques et sur lexclusion des causes non médicamenteuses.
Lassociation de ces critères sémiologiques déterminent un
score sémiologique S évalué « vraisemblable » (S3), « plausible »
(S2), « douteux » (S1).
Lassociation des deux précédents critères définit le score
dimputabilité intrinsèque selon une table décisionnelle. On
qualifie limputabilité de « très vraisemblable »
(I4), « vraisemblable » (I3), « plausible »
(I2), « douteux » (I1), « incompatible » (I0).
Imputabilité extrinsèque
Elle concerne les données de la littérature. Elle permet de souligner
la nouveauté de certains effets
On parle de B3 si leffet est déjà décrit dans au moins un
des ouvrages pharmacologiques de référence, B2 si leffet est
publié au moins une fois, sil est décrit avec une sémiologie
proche ou encore sil est rapporté avec un médicament apparenté.
Dans les autres éventualités, on note limputabilité intrinsèque
B1. si leffet est nouveau et na jamais été publié, on
cote B0. Les effets indésirables colligés constituent un fichier
centralisé à lAFSSAPS après validation des cas et de leur
imputabilité au niveau de chaque CR PV. Ce fichier est ensuite transmis
à l'OMS.
Exploitation des bases de données
Lexploitation
et le croisement de différents fichiers peuvent servir à déclencher
le signal dalerte des effets indésirables.
Pharmacoépidémiologie
Elle permet lanalyse quantitative rigoureuse
des incidences réelles des effets indésirables, elle évalue la relation
entre lexposition à un facteur présumé causal et la survenue
dun événement présumé conséquence. Elle évalue les hypothèses
fournies en particulier par la notification spontanée.
Létude de cohorte permet de calculer lincidence
ultérieure de survenue du ou des événements dans les deux groupes.
En comparant les fréquences de survenue dans les groupes exposé
et non exposé, on obtient le risque relatif.
Dans les études cas-témoins, on étudie la distribution
relative des expositions entre le groupe de cas et le groupe de
témoins. On calcule le rapport de cote ou « Odds Ratio »,
cest-à-dire la chance de retrouver chez le sujet à la fois
lévénement et lexposition. ceci ne permet en rien dinférer
un rapport de causalité, mais souligne un lien entre les deux événements.
Elle ne permet pas le calcul dincidence.
Enquête ad hoc
Deux types de schéma détudes sont
envisageables.
1 - Cohorte
Cest un groupe de sujets définis en fonction de certaines
caractéristiques et suivis dans le temps. On identifie les patients
exposés aux médicaments étudiés. Idéalement, on compare cette cohorte
à un groupe similaire de patients (sexe, âge) non exposés.
Cette méthode permet dévaluer plusieurs événements survenant
après une même exposition. En revanche, elle ne permet que rarement
létude du rôle de plusieurs expositions.
Elle sutilise essentiellement pour les effets indésirables
fréquents. Ses limites sont essentiellement le coût et la difficulté
du choix des témoins.
2 -
Etudes cas-témoins
Etudes rétrospectives qui partent de lévénement pour identifier
les expositions associées. On compare les cas étudiés à une population
similaire en tout point, sauf en ce qui concerne lévénement.
Ces études permettent lanalyse de plusieurs expositions mais
dun seul événement. Elles sont plus adaptées aux événements
rares, associés à des expositions fréquentes. Elles sont rapides
et peu coûteuses. Ses limites sont la sélection des témoins, la
qualité du recueil dinformation.
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