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. A.S.M.R. DE NOUVEAUX MEDICAMENTS (V. Bongard)
LA.S.M.R. apprécie l'" Amélioration du Service Médical Rendu "
par un médicament par comparaison aux autres médicaments déjà commercialisés
dans la même classe médicamenteuse. LAFSSAPS évalue lASMR en 5
niveaux en terme d'amélioration de lefficacité et/ou du profil deffets
indésirables et/ou de la commodité d'emploi. On doit distinguer lA.S.M.R.
du S.M.R. (" Service Médical Rendu "). Le SMR, établi
par lAFSSAPS lors de la réévaluation des médicaments déjà commercialisés,
évalue le produit sur les critères suivants : efficacité, sécurité, caractère
préventif, symptomatique ou curatif, gravité de laffection et intérêt
en terme de santé publique. Le SMR ne compare pas le médicament par rapport
aux autres produits mais permet de définir un taux de remboursement. Il sexprime
en différents niveaux : important (taux de remboursement à 65%), modéré
(35%), faible (35%) ou absence de SMR. On peut consulter les scores de lASMR
et du SMR sur le site de lAFSSAPS (en cliquant sur Avis de la Commission
de Transparence) : http://agmed.sante.gouv.fr
Voici, une sélection des nouvelles A.S.M.R. délivrées par la Commission de
Transparence de l'AFSSAPS :
· A.S.M.R. de niveau I (Progrès thérapeutique " majeur ")
DIGIDOT* (fragment d'anticorps antidigitalique ovin) poudre pour solution
pour perfusion
Digidot* est indiqué dans les intoxications digitaliques mettant en jeu le
pronostic vital ou potentiellement graves. Il s'agit du seul traitement spécifique
de l'intoxication digitalique, l'amélioration du service médical rendu est
majeure.
· A.S.M.R. de niveau III (Amélioration " modérée ")
OMACOR* (concentré d'acides gras oméga-3 polyinsaturés) capsules
Autorisation de mise sur le marché dans le traitement adjuvant en prévention
secondaire de l'infarctus du myocarde, en association aux traitements de référence.
Amélioration " modérée " du service médical rendu dans
cette indication en terme d'efficacité thérapeutique, compte tenu de la faible
réduction de la mortalité observée et de sa place dans la stratégie thérapeutique.
· A.S.M.R. de niveau IV (Amélioration " mineure ")
INEXIUM* (ésoméprazole) comprimés à 20 et 40 mg
Inhibiteur de la pompe à protons indiqué dans le traitement de l'sophagite
érosive par reflux, dans le traitement d'entretien et de prévention des récidives
après cicatrisation d'une sophagite par reflux gastro-sophagien
et dans le traitement symptomatique du reflux gastro-sophagien. En association
à une antibiothérapie appropriée l'ésoméprazole est également indiqué dans
l'éradication de Helicobacter pylori pour cicatrisation de l'ulcère duodénal
et dans la prévention de la récidive de l'ulcère gastro-duodénal en cas d'infection
par Helicobacter pylori. L'amélioration du service médical rendu est " mineure "
par rapport au Mopral* 10 et 20 mg en termes de rapidité d'installation des
effets maximaux.
· A.S.M.R. de niveau V (" Absence d'amélioration ")
DUOVA* (valérate d'stradiol + acétate de médroxyprogestérone) comprimés
à 1 ; 2,5 et 5 mg
strogène et progestatif en association fixe pour administration continue
dans le traitement des symptômes de carence strogénique et dans la prévention
de l'ostéoporose chez les femmes ménopausées depuis plus de trois ans, non
hystérectomisées. Duova* n'apporte pas d'amélioration du service médical rendu
par rapport aux médicaments comparables.
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PHARMACOLOGIE FONDAMENTALE
La GlycoProteïne P et son importance dans les interactions médicamenteuses
(C. Monchaud, M.A. Tran)
La glycoprotéine P (PGP) est une protéine transmembranaire de 170 kDa, composée
de 1280 acides aminés. Sa structure est caractéristique des systèmes de transport
ATP-dépendants : elle traverse douze fois la membrane et ses deux régions
situées à la face interne de la membrane portent des sites de liaison à lATP.
Elle est présente au niveau des cellules intestinales (jéjunum, colon), des
tubules rénaux, des canalicules biliaires, mais aussi de la barrière hémato-encéphalique,
où elle assure une fonction de détoxication. La PGP limite donc labsorption
intestinale des médicaments en favorisant leur passage dans la lumière de
lintestin, favorise leur élimination en les transportant dans la lumière
des canaux biliaires et tubulaires, et soppose à leur pénétration dans
le système nerveux central, diminuant leur distribution.
Ainsi, linhibition de la PGP facilite labsorption et la distribution
des médicaments, et réduit leur élimination, contribuant à une élévation de
leur concentration plasmatique. Ce phénomène peut être à lorigine dinteractions
médicamenteuses de nature pharmacocinétique. La ciclosporine, la quinidine,
le vérapamil, lamiodarone, les antifongiques azolés, les macrolides
inhibent la PGP. A linverse, la rifampicine lactiverait.
LADRAC (Agence du Médicament Australienne) a décrit deux cas dintoxication
par la digoxine chez des patients sous roxithromycine, chez lesquels la digoxinémie
est retournée à des concentrations plasmatiques dans la fourchette thérapeutique
à larrêt du macrolide. Laugmentation de la concentration plasmatique
en digoxine était, dans les deux cas, due à une inhibition de la PGP par la
roxithromycine, entraînant une augmentation de labsorption intestinale
conjuguée à une majoration de lélimination rénale de la digoxine.
Des médicaments inducteurs et inhibiteurs enzymatiques du cytochrome P450
agissent de façon similaire sur la PGP, pouvant entraîner une confusion dans
linterprétation des interactions. Les praticiens devraient donc désormais
connaître limplication de la glycoprotéine P dans les interactions médicamenteuses
dorigine pharmacocinétique.
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PHARMACOLOGIE CLINIQUE
Nouveauté nest pas synonyme de sécurité ! (A. Dugué)
Certains effets indésirables graves ou inattendus des médicaments non mis
en évidence lors des essais cliniques peuvent se révéler après leur commercialisation
à grande échelle. Afin de déterminer leur fréquence, une équipe américaine
a analysé les mises en garde majeures et les retraits du marché survenus entre
1975 et 2000 des 548 nouveaux principes actifs ayant reçu une AMM aux Etats
Unis entre 1975 et 1999 (Lasser et al. JAMA, 2002 ; 287 : 2215-20).
Sur cinq ans, 45 nouveaux médicaments (8,3%) ont acquis une ou plusieurs mises
en garde et 16 (2,9%) ont été retirés du marché. 50% des retraits ont eu lieu
dans les deux premières années de commercialisation et 50% des mises en garde
dans les sept premières années. Celles-ci concernent le plus souvent un risque
cardio-vasculaire (21%), hépatique (19%), hématologique (16%) ou des effets
indésirables pendant la grossesse (9%). Par exemple, le dernier médicament
retiré du marché américain est une fluoroquinolone, la grépafloxacine, en
raison dun risque de torsades de pointe (retrait 2 ans après sa mise
sur le marché).
Dans cette liste, la plupart des médicaments retirés du marché nétaient
pas des innovations thérapeutiques (4 AINS, 2 fluoroquinolones, 2 antihistaminiques
H1).
Cet article rappelle les évidentes limites des essais cliniques : ceux-ci
ne peuvent détecter les effets indésirables graves et rares. Il souligne également
la nécessité de la notification spontanée, seul moyen d'améliorer nos connaissances
sur l'utilisation du médicament en situation réelle et donc la qualité de
lInformation en Pharmacovigilance.
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MEDICAMENTS-GROSSESSE ET ALLAITEMENT
A Votre santé ! (C. Damase)
Patientes et professionnels de santé sinterrogent fréquemment sur
les risques liés à lexposition aux médicaments, aux solvants, aux drogues
illicites pendant la grossesse. En revanche, la prise dun certain nombre
de produits de consommation courante nest pas toujours envisagée avec
lucidité.
Ainsi, si la majorité des femmes disent réduire leur consommation de boissons
alcoolisées pendant leur grossesse, près de 4 % des femmes enceintes déclarent
consommer au moins un verre dalcool par jour. Or, lalcool représente
lun des produits les plus tératogènes connu. Cette molécule de petits
poids moléculaire est très lipophile et traverse sans encombre le filtre placentaire
et se retrouve dans la circulation ftale et le liquide amniotique à
des concentrations comparables à celles de la mère. Lexposition au premier
trimestre lors de la période dembryogénèse, conduit à un syndrome malformatif
touchant notamment le crâne, la face et les membres. Lexposition plus
tardive lors des phases de croissance et de maturation des organes en place
aura des conséquences plus difficiles à objectiver à la naissance mais qui
se traduiront dans les premières années de vie par des retards du développement
intellectuel, une hyperactivité, des troubles du langage, des difficultés
dapprentissage scolaire. Les retards de croissance observés chez les
nouveau-nés semblent proportionnels à la quantité dalcool absorbée.
Lensemble de ces anomalies traduit le syndrome dalcoolisation
ftale qui touche 1,3 à 3,5 naissances pour 1000 par an. Ce syndrome
sexprime clairement pour une consommation quotidienne de 3 verres de
vin mais les premières anomalies sobservent à partir de 2 verres. Des
niveaux de consommation inférieurs nont cependant pas fait la preuve
de leur innocuité.
En conséquence, on peut rappeler la nécessité (1) dévaluer clairement
la prise dalcool par les femmes enceintes (celle-ci nétant pas
toujours avouée), (2) déviter la prescription de certaines préparations
médicamenteuses contenant de lalcool et (3) dinformer sur les
risques dingérer des boissons alcoolisées même à des quantités qui peuvent
sembler très raisonnables à certaines patientes
tout en rassurant cependant
une patiente inquiète quant à une prise ponctuelle.
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PHARMACOEPIDEMIOLOGIE
Les statines peuvent-elles entrainer des polyneuropathies ? (A. Dugué)
Quelques observations et une étude pharmaco-épidémiologique ont mis en évidence
une relation entre l'utilisation des statines et la survenue de neuropathies.
Afin d'estimer le risque relatif des polyneuropathies chez les patients traités
par statines, une équipe danoise a mené une étude cas-témoins de 1994 à 1998
sur la population du comté de Funen (Gaist et al. Neurology, 2002 ; 58 :
1333-7). 166 cas de polyneuropathies ont été retenus et classés en trois groupes
en fonction des critères diagnostiques et l'exclusion d'autres étiologies
potentielles: les neuropathies "vraisemblables" (35), "probables"
(54) et "possibles"(77). Pour chaque cas, les auteurs ont sélectionnés
25 témoins de manière aléatoire dans la population source et les ont appariés
selon l'âge, le genre et la durée du traitement.
Pour l'ensemble des cas, le rapport de cotes (RC) est de 3,7 avec un intervalle
de confiance à 95% (IC) de 1,8 à 7,6. Le RC est de 14,2 (5,3-38) lorsquon
inclue uniquement les cas "vraisemblables" (où toutes les autres
étiologies de neuropathies ont été écartées). Pour les patients traités par
statines depuis au moins deux ans, le RC chez les cas vraisemblables est de
26,4 (7,8-89,4) contre 6.6 (2,6-16,5) chez tous les cas.
Ainsi, une exposition au long cours par les statines peut augmenter de manière
significative le risque de survenue de polyneuropathies.
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PHARMACODEPENDANCE
Anesthésiques généraux : de nouvelles drogues de synthèse (I. Lacroix)
Depuis 1997, des anesthésiques généraux [kétamine, tilétamine et Gamma
HydroxyButyrate (GHB)] circulent dans le milieu festif. Ils font lobjet
de consommation occasionnelle par des jeunes présentant le même profil que
les consommateurs decstasy.
La kétamine est un anesthésique réservé à lusage hospitalier ou vétérinaire
circulant sous le nom de " spécial K ", " Ketty ",
" la golden ", " langlaise "
ou " la vétérinaire ". Les consommateurs la sniffent (poudre),
lingèrent (poudre, comprimés) ou se linjectent par voie intramusculaire.
Ce dernier mode dadministration semble en progression. La tilétamine
est un anesthésique vétérinaire identifié pour la première fois en février
2002 dans un échantillon collecté en Bourgogne. La kétamine et la tilétamine
procurent une sensation de bien-être et entraînent des hallucinations. A des
doses élevées, elles conduisent à un état comateux. Les consommateurs parlent
dexpérience de " voyage aux confins de la mort ".
Comme tous les anesthésiques généraux, ces produits peuvent provoquer des
vomissements, des troubles psychiques (attaque de panique, anxiété), une perte
de connaissance (avec un risque dasphyxie en cas de vomissements associés),
des convulsions et en cas de surdosage un arrêt respiratoire.
Le GHB (" Liquid Ecstasy ", " Fantasy "),
découvert dans les années 1960 par le professeur Henri Laborit (par ailleurs
" père " du Largactil° et des neuroleptiques), a été utilisé
comme anesthésiant et comme traitement de linsomnie et de la dépendance
à lalcool. Par la suite, les culturistes lont employé comme dopant
(le GHB entraîne une libération dhormone de croissance). Il se présente
sous forme de poudre (sniffée ou ingérée) ou de liquide (ingéré). Le GHB est
relaxant, sédatif, hallucinogène et présente un effet désinhibiteur. Il peut
provoquer des troubles cardio-vasculaires (hypotension accompagnée de tachycardie),
des vomissements, des vertiges et une dépression respiratoire. On a rapporté
plusieurs cas de décès notamment chez des sujets ayant associé le GHB à des
opiacés (risque accru de dépression respiratoire). Le GHB a également été
impliqué dans des cas de soumission chimique (administration de substances
psychoactives à des victimes à leur insu, à des fins surtout de vol ou de
viol). Il présente une demi-vie courte (27 minutes) rendant difficile sa détection
dans les prélèvements biologiques des victimes.
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PHARMACOVIGILANCE
Le point sur les effets indésirables su Bupropion-Amfebutamone (Zyban°)(J.L.
Montastruc)
Le bupropion est indiqué dans laide au sevrage tabagique. On dispose
désormais des données de pharmacovigilance durant les 6 premiers mois de commercialisation
en France (août 2001-février 2002). Près de 700 effets indésirables ont été
notifiés dont 121 " graves " (et 8 décès) pour des chiffres
de vente correspondant à plus de 226.000 patients. Les effets indésirables
les plus fréquemment rapportés sont les effets neurologiques (30 cas dont
19 convulsions), cutanés (50 cas dont 19 oedèmes de Quincke/oedèmes de la
face, 12 urticaires et 9 maladies sériques/hypersensibilité), psychiatriques
(13 cas dont 8 tentatives de suicide/idées suicidaires). Par ailleurs, on
a rapporté 7 syndromes de sevrage : les signes, persistant de 7 jours
à 1 mois après larrêt, sont essentiellement à type dirritabilité,
nervosité, angoisse, syndrome anxio-dépressif. On retrouve également 16 effets
indésirables cardiovasculaires (dont 9 cas dinfarctus du myocarde/angor
(1 décès) et 2 décès par hypertension artérielle/rupture danévrisme
et arrêt cardiaque).
Ce premier bilan souligne certaines préoccupations concernant le bupropion :
effets indésirables neuropsychiatriques (convulsions, dépression, idées suicidaires),
réactions anaphylactiques (angio-oedèmes) et aussi effets cardiovasculaires
(à type dinfarctus ou dhypertension artérielle). La particularité
de la population traitée sur le plan cardiovasculaire et les conditions propres
à létat de sevrage tabagique sont des facteurs de risque à connaître
lors de la prescription du bupropion. On doit également rappeler que ce médicament
est une amphétamine (DCI : amfébutamone) et que les effets indésirables
de type cardiovasculaire sont donc " attendus " avec ce
médicament (comme avec tout sympathomimétique).
Médicaments en cause dans la survenue dune Pustulose Exanthématique
Aiguë Généralisée (P. Olivier)
La pustulose exanthématique aiguë généralisée (PEAG) est une éruption caractérisée
par la survenue brutale d'un érythème rouge vif, démateux, souvent au
tronc et dans les plis axillaires et inguinaux, qui se parsème de pustules
blanchâtres non folliculaires dans les heures ou les jours suivants. L'éruption
se dissémine en quelques heures au tronc puis aux membres inférieurs. La fièvre
et lhyperleucocytose sont constantes, et la déshydratation due à latteinte
cutanée expliquerait l'insuffisance rénale fonctionnelle.
La guérison est spontanée en une dizaine de jours après arrêt des médicaments
responsables, les pustules laissant place en quelques jours à une desquamation
annulaire. Lévolution peut être fatale, notamment chez les sujets âgés.
La mortalité serait de 1 à 2%.
Dans plus de 90% des cas, la PEAG est dorigine médicamenteuse. Le délai
de survenue de l'éruption est soit bref (dans les 48 heures suivant l'introduction
dun médicament) soit plus long (15 à 21 jours), ce qui correspondrait
à deux situations : les patients ayant déjà pris le médicament en cause (cest
à dire sensibilisés) et ceux non sensibilisés. Les autres causes de PEAG sont
plus rares (entérovirus, cytomegalovirus ou allergènes alimentaires).
Afin de savoir quels médicaments sont à lorigine de ces PEAG, le Centre
Régional de Pharmacovigilance (CRPV) de Tours a récemment analysé, dune
part les notifications de PEAG aux CRPV français et dautre part la bibliographie.
Parmi les cas notifiés (n=107) ou publiés (n=281), les médicaments les plus
mis en cause sont : l'amoxicilline (+/- acide clavulanique), la pristinamycine,
lhydroxychloroquine, le cotrimoxazole, la carbamazépine, le diltiazem,
lassociation spiramycine+métronidazole, la terbinafine et la nystatine.
Les prescripteurs doivent connaître ce nouveau risque deffet indésirable
cutané afin de stopper rapidement le médicament en cause. Il faut aussi contre-indiquer
la réintroduction du médicament suspect car même une dose faible peut reproduire
une PEAG plus grave.
Paracetamol, Aspirine et nephropathies (C. Cabou)
On connaît le risque daltération de la fonction rénale consécutif
à une forte consommation dantalgiques non narcotiques. Les premiers
cas de néphropathies aux antalgiques ont été décrits dans la littérature avec
la phénacétine (1953). Par la suite, des études ont impliqué laspirine
et le paracétamol. Un récent travail cas-témoin, en Suède, vient de démontrer
lexistence dune association significative entre les nouveaux cas
datteintes rénales diagnostiqués et la prise régulière de lun
de ces deux médicaments (N Engl J Med, 2001 ; 345 :1801-8). Cette
association concerne plus la dose totale cumulée que de la durée de la prise,
et savère notamment marquée avec le paracétamol. Létude na
pas montré dassociation significative avec la consommation régulière
dun autre antalgique, comme le dextropropoxyphène, les anti-inflammatoires
non stéroïdiens, la codéine ou les pyrazolés.
Etude sur onze associations formellement contre-indiquées (P. Olivier)
La Caisse Nationale dAssurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS)
a présenté les résultats dune étude sur les médicaments achetés en officine
de ville. Parmi les interactions figurant sur le livret " interactions
médicamenteuses " du Vidal®, la CNAMTS a choisi 11 associations
formellement contre-indiquées (AFCI) pour connaître leur fréquence. Le choix
des 11 AFCI sest fondé sur le fait que la contre-indication était avérée,
sur la gravité de leffet indésirable potentiel, la notion de " médicaments
prescrits en pratique de ville " et lexistence dune
alternative thérapeutique. Les AFCI ont été relevées sur une même ordonnance.
Sur lannée 2000, 38 387 patients ont été concernés par une ou plusieurs
AFCI et 22 744 prescripteurs (dont 80% de médecins généralistes, soit 30%
des généralistes français) ont prescrit au moins lune des AFCI ciblées.
De plus, 16 853 pharmacies de ville (70% des officines françaises) ont délivré
une de ces associations au moins une fois durant lannée 2000. Au niveau
national, 58 823 ordonnances contenant au moins 1 AFCI ont été repérées soit
1,9 AFCI pour 10 000 ordonnances et par an (1.2 à 2.4 pour 10 000 selon les
régions).
Les AFCI les plus nombreuses étaient : 1) triptans/dérivés ergot de seigle,
2) lévodopa et agonistes dopaminergiques/neuroleptiques antiémétiques, 3)
macrolides/dérivés ergot de seigle, 4) cisapride/macrolides , 5) cisapride/azolés,
6) IMAO/morphinomimétiques, 7) 2 fibrates ensemble, 8) sulfamides hypoglycémiants/miconazole.
Elle concernaient majoritairement la tranche dâge 40-64 ans. La base
de données de la CNAMTS ne permet pas de savoir si ces AFCI ont eu ou non
des conséquences néfastes. Les résultats de cette étude confirment la nécessité
toujours renouvelée dinformation et de formation sur le bon usage du
médicament.
Kétoprofène et effets indésirables cutanés (H Bagheri)
Le CRPV de Nantes vient de publier (Thérapie 2002, 57: 55-64)
les résultats d'une enquête de pharmacovigilance réalisée de 1996 à 2000 et
analysant 770 effets indésirables cutanés suivant l'emploi de kétoprofène
gel (Ketumâ gel, Profenidâ gel, Topfenaâ gel). La durée moyenne de traitement
est de 12 jours avec un délai dapparition moyen de 13 jours et reatrdé
dans ¼ des cas. Dans 50% des cas, il s'agit de photosensibilisation et 75%
des cas sont survenus durant la période estivale. Les effets indésirables
sont sévères dans 1/3 des cas. Plus de 80% des patients présentent des lésions
extensives.
L'association à un autre AINS (par voie générale ou locale) ou à un fibrate
(hypolipémiant) savère un facteur de gravité. Il existe en effet une
analogie de structure chimique (avec un noyau benzoyl-cétone commun) entre
le kétoprofène et les fibrates (comme le fénofibrate). De ce fait, les photo-épidermo-tests
pratiqués dans 23% des cas sont en faveur dune photo-allergie au kétoprofène
et dune réaction croisée avec lacide tiaprofénique, le fénobrifate,
loxybenzone et benzophénone confirmant le rôle du noyau benzophénone
et non de la fonction arylpropionique.
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Brèves de Pharmacovigilance
Recommandations sur la prescription et la surveillance des coxib (H Bagheri)
Deux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), (rofecoxib, Vioxx° et celecoxib,
Celebrex°) présentés comme anti-COX2 " sélectifs " (la
sélectivité, cela nexiste pas !) sont indiqués depuis 2000 dans
le " soulagement des symptômes de larthrose et de la polyarthrite
rhumatoïde ". Les données de pharmacovigilance montrent un profil
qualitatif deffets indésirables indentiques aux AINS conventionnels,
un taux de prescription hors AMM et de non respect des contre-indications
importants. Un communiqué de lAFSSAPS du 28/6/02 rappelle donc les règles
de bon usage de ces médicaments. www.afssaps.sante.fr
Par ailleurs, nous vous invitons à lire larticle : " Célécoxib
et essai CLASS, un exemple de manipulations industrielles " paru
dans la Revue Prescrire, 2002, n°231, page 623 et 624 (disponible au CRPV
sur simple demande).
Risque musculaire des statines (H Bagheri)
En août 2001, la cérivastine a été retirée du marché suite à des cas de rhabdomyolyses
sévères, parfois fatales. Depuis, une réévaluation du rapport bénéfice/risque
de lensemble des "statines" a été réalisée par lAfssaps
(diffusion du communiqué le 4 juin 2002).
Les effets indésirables musculaires des "statines" sont un effet-classe
et dose-dépendant. Ils se traduisent essentiellement par des douleurs musculaires
régressives à larrêt du médicament et rarement (1 à 2 pour 105
patients traités) par une rhabdomyolyse brutale et imprévisible avec des créatine
phosphokinase (CPK) jusquà 30-40N.
Le dosage des CPK ne peut prédire en rien la gravité de latteinte musculaire.
La surveillance dun traitement par "statines" est essentiellement
basée sur la clinique.
Lévaluation des données actuelles a permis de dégager des groupes à
risques deffets indésirables musculaires : insuffisance rénale,
hypothyroïdie, antécédents personnels ou familiaux de maladie musculaire génétique,
antécédents personnels deffet indésirable musculaire avec un fibrate
ou une statine, abus dalcool, âge supérieur à 70 ans. Chez ces sujets,
on recommande un dosage des CPK avant la mise en route de la statine.
Dans tous les cas, tout symptôme musculaire inexpliqué durant le traitement
doit faire pratiquer un dosage des CPK et celui-ci doit être réalisé plus
de 2 jours après un effort musculaire intense. Le médicament doit être arrêté
si les CPK augmentent au-delà de 5N ou si les signes musculaires entraînent
une gêne fonctionnelle quotidienne (même pour des CPK inférieures à 5N).
Mercredi 27 Novembre 2002 à 19 heures
Quatrième Rencontre de Pharmacologie Sociale : à vos agendas !
Organisée par le Collectif de Pharmacologie Sociale et le Service de Pharmacologie
Clinique de Toulouse autour du Dr. Gilles BARDELAY, Co-fondateur de
la Revue Prescrire.
Grand amphithéâtre de la Faculté de Médecine
des Allées Jules-Guesde
Programme :
- 19h : " Reconnaître les progrès thérapeutiques dans le
domaine du médicament " Conférence du Dr. G. Bardelay
- 21h : Rencontre avec le conférencier
A quoi sert le Centre Régional de Pharmacovigilance? Que peut-il vous
apporter?
Le Centre de Pharmacovigilance a pour mission de répondre à vos questions
sur le médicament (effets indésirables, efficacité démontrée, interactions
médicamenteuses, utilisation chez le sujet à risque, pendant la grossesse,
allaitement
).
Le Centre de Pharmacovigilance reçoit et analyse les notifications deffets
indésirables. La loi rend obligatoire la déclaration de tout effet indésirable
"grave" (entraînant un décès, une hospitalisation, une mise en jeu
du pronostic vital ou des séquelles) ou "inattendu" (non signalé
dans le Vidal) des médicaments ou des médicaments dérivés du sang par tout
professionnel de santé (médecin, chirurgien-dentiste, pharmacien, sage-femme,...)
au Centre Régional de Pharmacovigilance (Coordonnées en première page).
Si vous souhaitez recevoir le BIP par courrier électronique, merci de le
signaler à bagheri@cict.fr
Afin de faciliter nos envois, si vous recevez le BIP à la fois dans sa version
papier et électronique, merci de nous le signaler.
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