La matériovigilance
a pour objet la surveillance des incidents ou risques d'incidents
liés à l'utilisation d' un dispositif
médical (DM), signalement des incidents, enregistrement, évaluation
et exploitation des informations, suivi des actions correctives.
Les incidents ou risques
d'incidents ayant entraîné ou susceptibles d'entraîner la mort
ou la dégradation grave de l'état de santé.
Le signalement doit alors avoir lieu sans délai.
- réaction nocive et non voulue lors de l'utilisation d'un DM.
- dysfonctionnement ou altération des caractéristiques d'un DM.
- indication erronée, omission, insuffisance pour l'usage.
Ces signalements sont transmis selon une périodicité trimestrielle.
Toute personne constatant ou ayant connaissance d'incidents ou de risques
d'incidents mettant en cause un dispositif médical, à l'exception du patient
lui-même.
Celui-ci a été désigné par le Directeur de l'établissement et ses coordonnées doivent être tenues à jour au niveau de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS) à l'aide du formulaire de système d'alerte.
Pour la région Midi-Pyrénées, il faut envoyer ce même formulaire au Fax 05-34-30-24-36 afin de maintenir à jour l'annuaire CCREVI.
Missions du correspondant local :
- transmission sans délai des incidents graves à l'AFSSAPS.
- transmission différée à l'AFSSAPS des autres incidents ou dysfonctionnements.
- information au fabricant.
- information, si besoin, de l'Etablissement Français de Greffes.
- conduire enquête et étude de sécurité.
à l'aide de la fiche de signalement d'un incident ou d'un risque d'incident. Eventuellement complétée par un questionnaire-type approprié au dispositif incriminé
La matériovigilance est mise en oeuvre dès lors qu’un dispositif médical s’avère, ou risque de s'avérer dangereux.
L’autorité compétente c’est-à-dire l’AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) peut intervenir de deux façons :
-soit à la suite d’un signalement d’incident ou de risque
d’incident provenant d’un déclarant : dans ce cas, après évaluation
des informations communiquées, elle apporte la réponse appropriée aux faits
signalés,
- soit de sa propre initiative lorsqu’elle juge que la sécurité sanitaire
est en cause, à la suite du recueil d’informations comme les articles
de presse, d’informations obtenues dans le cadre des conditions de
mise sur le marché d’un dispositif marqué CE, des conclusions d’un
dossier de matériovigilance nécessitant l’engagement d’investigations
dans un autre secteur,…
Toutes ces informations sont considérées comme des signalements.
L'échelon central comprend : (liens avec le site internet de l'AFSSAPS)
- l'AFSSAPS, Direction
de l'Evaluation des Dispositifs Médicaux (DEDIM), département
des DM,
- la Commission
Nationale de Matériovigilance (CNM) avec ses sous-commissions
techniques et l'Unité
de Matériovigilance
La CNM a pour mission :
* d'évaluer les informations sur les incidents et les risques d'incidents
mettant en cause des DM,
* de donner un avis sur les mesures à prendre pour faire cesser ces incidents,
* de proposer des enquêtes et des travaux utiles à l'exercice de la MV.
Pour cela, la CNM s'appuie sur les sous-commissions techniques et l'unité
de matériovigilance.
Lors d'un incident ou risque d'incident, il n'est pas toujours évident de déterminer si l'effet indésirable est imputable au DM ou à l'utilisateur.
> Incident ou Risque d'incident.
> Distinguer :
- les faits relatifs au DM
: dysfonctionnement, altération de ses performances, indications fausses
ou insuffisantes sur la notice, le mode d'emploi ou le manuel de maintenance,
- les conséquences cliniques
qui permettront de qualifier l'incident de grave ou de bénin.
> Etablir l'ordre de survenue des faits.
Se reporter à la définition d'un DM et à celle des dispositifs ne relevant pas de la MV (cf. lexique).
Deux cas peuvent se présenter :
- Le mésusage, c'est-à-dire une
erreur d'indication ou d'utilisation du DM ne mettant pas en cause le DM
ou sa notice,
- La survenue d'un tableau clinique
lié à l'évolution naturelle de l'état de santé du patient due à sa maladie
et ne mettant pas en cause la sécurité du DM.
Après avis médical, peuvent être considérés comme graves :
- le décès du patient ou la menace
du pronostic vital,
- l'invalidité ou l'incapacité
permanente ou importante,
- la nécessité d'une hospitalisation
ou d'une prolongation d'hospitalisation,
- toute circonstance nécessitant
une intervention médicale ou chirurgicale destinée à éviter ou réparer des
troubles durables d'une fonction organique, ou une lésion durable d'un organe
ou appareil,
- la survenue d'une anomalie
ou malformation congénitale.
Dans ces cas, le signalement de l'incident se fera sans délai.
Cette question se pose uniquement dans le cas où l'incident est considéré comme bénin ou s'il s'agit d'un risque d'incident (aucune conséquence clinique).
Les faits peuvent survenir avant l'utilisation du DM ou pendant son utilisation. L'utilisation signifiant la réalisation de l'acte auquel est destiné le DM ou la durée d'implantation jusqu'à la survenue des faits pour les DM implantables.
> Avant utilisation du DM :
- 1er cas : les faits sont
toujours détectables et le DM ne sera pas utilisé. Si c'est la première
fois, pas de déclaration et le problème sera réglé avec le fabricant. Si
les faits se répètent, la déclaration est facultative.
- 2ème cas : les faits
ne sont pas toujours détectables. Il faut alors déterminer la gravité potentielle
des conséquences si le DM avait été utilisé. La déclaration dépendra de
cette gravité potentielle.
> Pendant l'utilisation du DM :
- 1er cas : si le DM possède
un système de sécurité qui a fonctionné et que cela se produit pour la première
fois, on ne signale pas. Si cela se répète, le signalement est facultatif.
Si le système de sécurité a fonctionné, le délai de signalement dépendra
de la gravité potentielle.
- 2ème cas : si le DM ne
possède pas de système de sécurité mais que l'incident est forcément détectable,
la déclaration est facultative lorsque l'incident se répète.
> Enregistrement sur une base de données informatisée et nationale.
> Envoi au déclarant d'un Accusé de Réception comportant au moins :
- le nom de l'agent de la cellule de
matériovigilance en charge du dossier,
- le numéro d'enregistrement.
Parfois il mentionne des instructions concernant les dispositions à prendre
à l'égard du DM.
> Remarque sur les suites d'un signalement à l'AFSSAPS.
Face au nombre important de déclarations reçues par l'AFSSAPS (environ 6000/an),
les incidents jugés non graves (classés dans le protocole statistique),
ne feront pas l'objet d'une évaluation spécifique. Par conséquent, l'AFSSAPS
n'enverra pas d'autres courriers concernant ces incidents. Si un matériovigilant
souhaite d'avantage d'informations concernant la suite donnée à sa déclaration,
il doit effectuer sa demande par écrit à:
AFSSAPS
Direction de l'Evaluation des Dispositifs Médicaux (DEDIM)
Département des Dispositifs Médicaux
Unité de Matériovigilance
Le dossier est instruit par l'agent de la cellule de matériovigilance qui en est l'attributaire en étroite concertation avec la CNM et la sous-commission technique concernée.
Il existe 3 protocoles d'instruction :
- Protocole d'urgence pour les incidents
graves nécessitant des mesures immédiates,
- Protocole standard pour les
incidents graves ou non nécessitant une évaluation spécifique et approfondie
mais standardisée,
- Protocole statistique pour les incidents
non graves, répétitifs, ne nécessitant pas une évaluation spécifique et
entrant dans un protocole de suivi statistique et/ou épidémiologique préalablement
établi.
L'instruction des dossiers comporte une phase préliminaire et l'instruction proprement dite. A tout moment, selon la nature des informations recueillies, l'instruction peut être requalifiée en protocole d'urgence.
L'évaluation finale des informations recueillies pendant l'instruction est réalisée par les sous-commissions techniques et proposée à la CNM pour validation.
> Phase préliminaire
But : information initiale des intervenants concernés et choix des modalités
d'instruction du dossier.
Moyens :
- Envoi d'un Accusé de Réception,
- Rédaction d'une note de synthèse
avec les données de base concernant les faits signalés et les modalités
d'instruction. Cette note est envoyée au chef de bureau des DM et au président
de la sous-commission technique concernée.
> Instruction
- Selon le protocole choisi. Elle
peut être déléguée à un expert dûment mandaté.
- Indication au déclarant des dispositions
conservatoires à prendre vis-à-vis du DM mis en cause (elles sont définies
soit dans le protocole d'instruction, soit dans la note de synthèse).
- Le déroulement de l'instruction
est consignée dans une note de suivi (enrichie à chaque étape de
l'instruction) avec la chronologie, les modalités et les résultats des investigations
menées.
> Présentation des dossiers devant les sous-commissions techniques
- Dossiers non classés définitivement,
- Nouveaux dossiers,
- Dossiers enregistrés depuis plus de cinq
mois,
- Les dossiers dont l'instruction est
terminée doivent être présentés au classement.
> Présentation des dossiers devant la CNM
- Dossiers proposés au classement
pour validation,
- Dossiers en protocole d'urgence pour
information,
- Dossiers en cours d'instruction nécessitant
un avis intermédiaire de la commission,
- Les questions d'intérêt général.
La CNM valide les mesures de sécurité sanitaire proposées par les sous-commissions techniques.
L'attributaire assure la mise en œuvre des mesures de sécurité sanitaire décidées après avis de la CNM ou du bureau.
4 situations sont possibles :
- le dossier est définitivement classé (FIN)
: aucune autre action n'est à entreprendre, sous réserve de la réception
de nouvelles informations qui nécessiteraient la réouverture du dossier.
- le dossier est classé avec suivi (SUI) : des
mesures de sécurité sanitaire ont été décidées ; le statut du dossier devient
FIN seulement après l'assurance que l'exécution des mesures est acquise.
- le dossier est classé avec suivi périodique
(CSP) : il n'y a pas lieu de prendre de mesures, mais la nature de l'incident
impose une mise en observation du DM. L'attributaire informe la sous-commission
concernée à chacune de ses réunions de l'état des informations relative
à ce dossier. Si aucun élément nouveau n'est intervenu au bout d'un an,
le dossier est définitivement classé (FIN).
- le dossier est classé avec suivi statistique
(CSS) : il s'agit d'un incident inclus dans un protocole statistique
dûment identifié avec identification des modalités.
L'attributaire assure également l'information des intervenants concernés,
du déclarant, du fabricant du DM des suites données par l'AFSSAPS par courrier.
> Archivage électronique des informations relatives à l'instruction des dossiers dans la base de données nationale.
> Archivage des signalements, des comptes-rendus des sous-commissions techniques et de la CNM après validation, du dossier d'instruction complet dès que le dossier a le statut FIN.

Echelon central :
- AFSSAPS Département DM
- commission nationale de matériovigilance
Echelon local :
- correspondant local
- tous les acteurs de soins
Le correspondant local :
- enregistrer, valider tout incident de DM
- recommander les mesures conservatoires
- aider à la déclaration
- sensibiliser les utilisateurs aux problèmes et aider à l'évaluation des
données de sécurité
Attention : seule la rédaction des textes tels que publiés au Journal Officiel "Lois et décrets" de la République Française fait foi.
Ordonnance N°2000-548 du 15 juin 2000
Il a été adopté dans un premier temps, deux directives
européennes qui sont d’application obligatoire depuis le:
- 1er janvier 1995 pour la directive N°90/385/CEE relative aux DM implantables
actifs
- 14 juin 1998 pour la directive N°93/42/CEE relative aux autres dispositifs
médicaux.
Cette nouvelle approche repose sur 3 principes :
- Liberté de circulation des DM marqués CE dans l’espace économique
européen (EEE)
- Mise sur le marché dans l’Espace Economique Européen des
DM si et seulement s’ils sont revêtus du marquage CE
- Les procédures d’évaluation de conformité aux exigences
essentielles, visées aux annexes des directives, se déroulent
sous la seule responsabilité du fabricant pour les DM à faibles
risques (classe I non stérile et sans fonction de mesurage). Elles
doivent, en revanche, recourir à des organismes notifiés pour
les DM à risques élevés (classe I stérile ou
avec fonction de mesurage, IIa, IIb et III)
- Décret
N°95-292 du 16 mars 1995 relatif aux dispositifs médicaux
définis à l’article L.665-3 du CSP
- Décret
N°96-32 du 15 janvier 1996 relatif à la MV exercée
sur les DM
- Décret
N°99-145 du 4 mars 1999 relatif au transfert de compétences
en matière de DM
- Décret
N°2001-1154 du 5 décembre 2001 relatif à l’obligation
de maintenance et au contrôle de qualité des dispositifs médicaux
prévus à l’article L.5212-1 du CSP
- Décret
N°2002-1221 du 30 septembre 2002 relatif aux catégories
de dispositifs médicaux devant faire l’objet d’une communication
lors de leur mise en service
- Arrêté
du 2 septembre 1996 relatif au regroupement des établissements
de santé en vue de la désignation d'un correspondant de matériovigilance
commun.
- Arrêté
du 3 mars 2003 relatif à la liste des dispositifs médicaux
soumis à l'obligation de maintenance
- Arrêté du 3
juillet 1998 relatif aux associations distribuant des dispositifs
médicaux à domicile
Possibilité de consulter ces alertes par catégories à partir du document téléchargé :